24 ans aux côtés des survivants de la Shoah

« Seigneur, j’ai entendu ce que Tu as fait, et j’ai été saisi de crainte ; Seigneur, fais revivre Ton œuvre au cours des années, fais-la connaître au cours des années. » (Habakuk 3:2)

Pour moi, ce mois marque la vingt-quatrième année d’un privilège rare et qui m’inspire une profonde humilité : celui de cheminer aux côtés de la précieuse communauté des survivants de la Shoah ici, en Israël. Ce sont des hommes et des femmes sortis des ghettos et des camps de concentration des territoires occupés par les nazis — et qui ont ensuite accompli l’impensable. Ils ont rebâti leur vie à partir de rien, sont devenus des spécialistes respectés dans leurs professions, ont fondé une famille, puis ont tout quitté une fois de plus pour recommencer à zéro en tant que nouveaux arrivants sur la terre d’Israël. Les accompagner, c’est être témoin d’un parcours extraordinaire et se voir confier la tâche lente et sacrée de bâtir une amitié et une relation de confiance.

Notre vocation est à la fois simple et lourde de sens : être les mains et les pieds de chrétiens du monde entier, en apportant leur amour et leur soutien à des personnes qui ont tant enduré. En retour, nous recevons bien plus que nous ne donnons. À travers leurs récits, nous apprenons l’histoire comme aucun livre ne saurait l’enseigner ; nous apprenons la persévérance, la volonté farouche de vivre ainsi qu’un héroïsme discret et humble. Maintes et maintes fois, nous entrevoyons la fidélité de Dieu envers Son peuple à travers les générations. Chaque visite suit le même schéma, et pourtant chacune est absolument unique. Ce mois-ci, notre équipe a eu la bénédiction de rencontrer dix-sept survivants dans cinq villes différentes.

Parmi eux figurait Josef, que nous avons eu la joie de visiter à maintes reprises au fil des ans. Il a accueilli d’innombrables bénévoles de notre organisation — en grande partie parce qu’il parle bon nombre de leurs langues : l’allemand, le français, le néerlandais, l’italien et l’hébreu. Né à Francfort, huitième d’une famille de onze enfants, il a survécu au camp de Bergen-Belsen avec deux de ses frères et sœurs. Pendant longtemps, il lui a été très difficile d’évoquer ces années-là ; mais avec l’âge, il ressent le devoir grandissant de transmettre la vérité à une nouvelle génération, afin que l’histoire ne se répète jamais. Cette fois encore, il nous a fait l’honneur de partager le récit de sa survie, ainsi que les épreuves et les joies paisibles de sa vie actuelle.

Nous avons également passé du temps avec Sonya, fermement convaincue que la beauté sauvera le monde ; c’est pourquoi elle s’entoure de belles choses, un témoignage d’espoir modeste mais empreint de défi. Notre équipe a aussi été conviée à un événement organisé à Tel-Aviv par l’Association des survivants des camps et des ghettos. Des représentants de 22 associations locales de survivants de la Shoah, venues de villes de tout le pays, ont pris part à ce rassemblement.

Ce fut une expérience profondément inspirante que de voir ces personnes remarquables — dont la plupart ont plus de 85 ans — profiter de la musique, célébrer la vie et apprécier la compagnie des unes et des autres. Elles ont entrepris un long périple en enchaînant les bus et trains, faisant preuve d’une détermination incroyable et incarnant le témoignage vivant de cet esprit indomptable exprimé par les mots « Am Yisrael Chai » (Le peuple d’Israël vit). C’est un privilège immense de prendre part à cette histoire inspirante.

En tant qu’organisation, CFI exprime sa profonde reconnaissance à tous ses soutiens et partenaires de prière pour leur amitié fidèle, leur loyauté et leur soutien constant.

Vingt-quatre ans plus tard, l’œuvre qu’Il ​​ravive « au cours des années » se poursuit — une visite, une histoire, une amitié à la fois.

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